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Maladie à mycoplasmes

Les infections à mycoplasmes autres que la pneumonie enzootique semblent en émergence en Amérique du Nord.

Les mycoplasmes sont des bactéries sans paroi cellulaire. Il en existe plusieurs espèces et certaines d’entre elles sont d’importants pathogènes chez les porcs.

Auparavant, un seul mycoplasme était important pour les éleveurs : le Mycoplasma hyopneumoniae, l’agent responsable de la pneumonie enzootique du porc. Depuis quelques années, deux autres mycoplasmes se sont ajoutés à Mycoplasma hyopneumoniae, compliquant un peu le travail des producteurs. Il s’agit de Mycoplasma hyorrhinis et de Mycoplasma hyosynoviae.

Mycoplasma hyorrhinis est l’agent responsable des polysérosites à Mycoplasma hyorrhinis. Il est l’hôte normal des cavités nasales du porc (d’où le nom de « rhinis ». Ce cas est fréquent en pouponnière et au début de l’engraissement. Mycoplasma hyorhinis peut exercer ses effets de différentes façons selon l’âge des porcs.

Mycoplasma hyosynoviae est l’agent causal des arthrites à Mycoplasma hyosynoviae. Il est souvent présent dans la flore nasale et pharyngienne des porcs adultes, en période d’engraissement, même dans les élevages où les mesures d’hygiène sont rigoureuses.

Signes cliniques +

Les principaux signes cliniques de la pneumonie enzootique à Mycoplasma hyopneumoniae sont de la toux en période d’engraissement, une toux d’une durée beaucoup plus longue qu’un épisode d’influenza. Si elle est mal contrôlée, les conséquences économiques peuvent être importantes en raison de ses effets sur le gain et la conversion alimentaire.

Les principaux signes cliniques de polysérosite à Mycoplasma hyorrhinis sont la mauvaise apparence des porcs, des poils rudes et plus abondants, une baisse d’activité, une légère fièvre, de la toux, une respiration superficielle, une péricardite chronique à la nécropsie, des polyarthrites chroniques avec boiterie, des articulations enflées et un dos arqué ainsi qu’un retard de croissance marquée. Le pouvoir pathogène de Mycoplasma hyorhinis est relativement faible.

Les arthrites à Mycoplasma hyosynoviae se manifestent généralement par une boiterie importante et douloureuse, d’apparition très rapide, souvent sur plusieurs sujets, pouvant même rapidement empêcher un porc de se déplacer. Généralement, ces signes cliniques apparaissent pendant la période de finition des porcs. La fièvre est en général très transitoire, souvent même absente.

Diagnostic +

Le suivi de la pneumonie à Mycoplasma hyopneumoniae est effectué à l’abattoir en analysant les lésions cranio-ventrales (LCV) des poumons. Un test de sérologie (test ELISA) est aussi souvent utilisé pour confirmer l‘état du troupeau (positif vs négatif). À la nécropsie, il y a présence de lésions histologiques typiques. La confirmation de l’agent bactérien se fait aussi souvent par test PCR.

Pour identifier une polysérosite à Mycoplasma hyorrhinis, il faut utiliser des techniques de laboratoire précises, car cette infection ressemble à beaucoup d’autres maladies (infections à Streptococcus suis ou maladie de Glässer). Ce microorganisme est relativement facile à isoler en laboratoire, mais l’isoler dans les cavités nasales ne permet pas un diagnostic certain puisqu’il fait normalement partie de la flore nasale. L’apparition abrupte d’une épidémie de boiteries qui ne répondent pas à la pénicilline et sans modification toujours bien visible des articulations permet de penser qu’il s’agit d’une infection par M. hyosynoviae. Les techniques de laboratoire généralement utilisées sont une culture ou un test PCR.

Soins +

Si les mycoplasmes sont sensibles à plusieurs antibiotiques, la réponse au traitement est généralement décevante puisque les signes réapparaissent quand l’antibiothérapie cesse d’être administré. Il est donc de mise de tenter de diminuer ou de contrôler les facteurs de risque, comme les conditions d’élevage (température, ventilation, densité d’animaux), la réduction du nombre de sources d’approvisionnement des sujets de remplacement, la réduction du nombre d’autres maladies, comme le SRRP.

Plusieurs vaccins offerts sur le marché permettent de mieux contrôler les pneumonies à Mycoplasma hyopneumoniae, avec schémas posologiques à une ou à deux doses. Aucun vaccin ne prévient la maladie, mais tous réduisent la gravité des signes cliniques.

Il n’y a pas de vaccins commerciaux, mais il semble que les autovaccins sont relativement efficaces pour traiter les cas chroniques et les récidives de polysérosites à Mycoplasma hyorrhinis et les arthrites à Mycoplasma hyosynoviae.

Consultez un médecin vétérinaire avant d’administrer des antibiotiques et vaccins aux animaux.

Votre médecin vétérinaire est la meilleure personne à consulter pour obtenir des recommandations vraiment adaptées à la ferme.

 

Références

  1. Maladies d’élevage des porcs, 2e édition, Guy Pierre Martineau

 

  1. Les infections à Mycoplasma hyorhinis en émergence en Amérique du Nord, DreMarie-Claude Germain, DMV. – Porc Québec, vol 24, no 2, juin 2013
Prévention +

Dans les cas de troupeaux exempts de M. hyopneumoniae, il est important d’assurer la biosécurité afin de conserver cet avantage. Il est aussi possible d’éliminer la maladie, ou à tout le moins de diminuer la pression exercée par les infections à l’aide de stratégies qui combinent fermeture du troupeau, le vide partiel des cases des animaux sensibles, une hyperimmunisation et un traitement antibiotique stratégique.