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Maladies associées au circovirus porcin (MACVP)

Si le circovirus porcin de type2 (PCV2) est presque omniprésent dans les élevages porcins, la maladie associée au circovirus porcin est, quant à elle, moins répandue. Cette maladie décrite pour la première fois au Canada au début des années 1990 a causé des d’importantes pertes dans les élevages européens vers la fin des années 1990, pour ensuite devenir très prévalente et dévastatrice dans les élevages d’Amérique du Nord. La maladie associée au circovirus porcin (MACVP) est une cause importante de pertes économiques dans l’industrie porcine, car elle ralentit la croissance, diminue l’efficacité alimentaire et retarde la mise en marché.1 

Il y a deux types de circovirus porcin. Le type 1 (PCV-1 ou Porcine Circovirus 1), identifié pour la première fois en 1974 et reconnu comme un agent non pathogène ; et le type 2 (PCV-2 ou Porcine Circovirus 2), découvert en 1997.2 Ces deux types sont de taille plutôt petite (17 nm), non enveloppés et correspondent à des virus à ADN monocaténaire (Circoviridae) qui sont généralement stables dans l'environnement et résistants à de nombreux désinfectants - environnement acide (pH3), chloroforme, haute température (56°C et 70°C).3

Signes cliniques +

Le circovirus de type 2 est associé à la maladie porcine appelée le syndrome de dépérissement post-sevrage (SDPS) ou le Postweaning Multisystemic Wasting Syndrome (PMWS), aussi appelée MAP (maladie d'amaigrissement du porcelet). Cette maladie entraîne de sérieux problèmes de santé chez les porcelets dont les signes cliniques sont, entre autres, une dégradation de la condition physique de l'animal, le grossissement visible des ganglions lymphatiques, une difficulté à respirer (dyspnée) et ,parfois, des diarrhées, la peau pâle (anémie) et un ictère (plus rare). En plus de la MAP, le circovirus de type 2 est associé à une maladie pulmonaire, une entérite, des troubles de la reproduction, le syndrome de dermatite et de néphropathie porcine (SDNP) et une infection subclinique se manifestant par un gain pondéral moyen quotidien plus faible et des lésions histologiques mineures ou absentes. D’autres symptômes cliniques, comme une toux, la fièvre, une ulcération gastrique, une méningite et une mort subite, ont été rapportés. 

Si le circovirus est présent dans tous les élevages porcins, ce ne sont pas tous les élevages qui manifestent sont atteints de SDPS. Dans tous les pays producteurs de porcs, très peu de troupeaux sont épargnés par le virus PCV2.

Transmission +

Le circovirus de type 2 est détecté dans différentes sécrétions : le mucus nasal, la salive, le mucus trachéal, les sécrétions oculaires et le lait. Il est également présent dans les urines, les fèces et la semence. Ces données suggèrent que le PCV2 peut être excrété par toutes les voies de l’organisme.

Plusieurs publications montrent que la voie la plus probable d’entrée du PCV2 dans l’organisme est la voie oro-nasale, ce qui signifie que la transmission horizontale (entre une truie et un porcelet ou entre porcs d’une même case) est un événement fréquent. 

Il a d’abord été reconnu que tous les animaux d’un élevage s’infectaient entre l’âge de 2 à 4 mois. Des travaux plus récents montrent que l’exposition des porcelets peut être très précoce, soit dès la naissance, voire in utéro pour quelques sujets d’une portée. L’ensemble de ces résultats montre que le PCV2 est un virus hautement contagieux, même si l’infection reste inapparente dans la plupart des cas.

Des études ont aussi montré que le PCV2 est aussi transmissible par voie intramusculaire, intrapéritonéale ou lors d’inoculation dans le foie ou les ganglions. Autrement dit,  son inoculation est aussi possible lors de bagarre (morsure, effraction cutanée, etc.).

Le PCV2 a été aussi détecté dans des fœtus ou des avortons. Il est d’ailleurs régulièrement associé à des troubles de la reproduction, en particulier dans des élevages de peuplement récent. La voie transplacentaire peut aussi être considérée comme une voie de transmission, même si, dans les cas terrain, elle entraîne surtout des épisodes d’avortements. Les résultats des expériences visant à montrer une telle contamination sont clairs : le PCV2 peut se transmettre d’un fœtus à un autre in utéro, mais pas à l’ensemble des fœtus d’une même corne utérine.

En revanche, il n’a pas été clairement démontré que l'infection intra-utérine soit associée au développement post-natal de la MAP pour laquelle la qualité de la transmission de l'immunité maternelle est fondamentale.5,6,7

Diagnostic +

Comme le virus est très répandu, confirmer la présence du virus chez l’animal ne constitue pas un diagnostic de SDPS. Les 3 critères suivants doivent être remplis :

  1. Retard de croissance avec dépérissement et souvent accompagné de dyspnée, de nœud lymphatique plus gros que normal et possiblement une jaunisse ;
  2. Présence de lésions histologiques caractéristiques dans les tissus lymphoïdes ;
  3. Quantités de PCV2 modérées à élevées dans les tissus lymphoïdes et dans les autres tissus affectés.

On parlera d’infection sous-clinique quand le virus sera présent chez l’animal sans qu’il présente de signes cliniques.

Soins +

Une fois que l’animal montre des signes de MACVP, il y a peu ou pas de traitement efficace.

Prévention +

La vaccination a permis de contrôler la MACVP en diminuant la mortalité et le nombre d’animaux atteints dans les élevages atteints d’un point de vue clinique. Elle a permis d’améliorer le gain de poids et l’efficacité alimentaire dans les élevages atteints de façon sous clinique.

De bonnes mesures de régie et de biosécurité peuvent aussi contribuer à diminuer les effets néfastes de la maladie. Pour ce faire, il faut réduire au minimum les mouvements et l’accès des visiteurs. Il faut prendre des mesures de lutte contre les rongeurs, les insectes et les oiseaux.

De plus, il faut désinfecter et laver régulièrement les bâtiments avant d’introduire de nouveaux groupes de porcs.

Il faut aussi respecter les périodes de quarantaine avant d’introduire tout nouveau porc dans le troupeau.

Assurez-vous de contrôler l’environnement (ventilation, température, humidité) de la ferme afin que les porcs soient le moins stressés possible.

Finalement, prenez toutes les mesures de lutte nécessaires contre les autres pathogènes à la ferme.2

Votre médecin vétérinaire est la meilleure personne à consulter pour obtenir des recommandations vraiment adaptées à la ferme.

 

RÉFÉRENCES

  1. Bulletin technique Zoetis, avril 2014
  2. Réseau d’alerte et d’information zoosanitaire, no36, 19 mai, 2005, MAPAQ
  3. P.D.Lukert and G.M.Allan Diseases of swine, Chapter 8, Porcine Circovirus, 8th Edition,
  4. Évolution clinique du syndrome de dépérissement post-sevrage- Expo-congrès du porc du Québec 
  5. Cariolet, R., Blanchard, P., Le Dimna, M., Truong, C., Keranflec'h, A., Beaurepaire, B., Jolly, J.P., Julou, P., de Boisseson, C., Mahe, D., Madec, F., Jestin, A.,2002. A study of different routes of inoculation of porcine circovirus type 2 (PCV2) to specific pathogen free (SPF) sows. Journées Rech. Porcine, 34,317-323.
  6. Chae, C., 2005, A review of porcine circovirus 2-associated syndromes and diseases. Vet. J., 169, 326-336.
  7. McIntosh, K.A., Harding, J.C., Parker, S., Ellis, J.A., Appleyard, G.D., 2006, Nested polymerase chain reaction detection and duration of porcine circovirus type 2 in semen with sperm morphological analysis from naturally infected boars. J. Vet. Diagn. Invest., 18, 380-384.